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Nouara Algérie.com

ECOLOGIE ET ENVIRONNEMENT EN ALGERIE

Centre d’enfouissement technique d’Oran : Traitement des «jus de poubelle»

La première station pour le traitement des lixiviats générés par les centres d’enfouissement technique (CET) de la wilaya d’Oran est opérationnelle après une attente qui avait duré plus de trois ans, apprend-on de la directrice de cette EPIC, CET Oran.

La mise en service de cette station, réceptionnée depuis 2014 au niveau du CET de Hassi Bounif (Oran Est), a été retardée par un ensemble de facteurs (problèmes techniques et électriques, explosion de biogaz...) qui ont finalement pu être réglés, explique Dalila Chellal, ajoutant que la station est opérationnelle depuis le 20 juin 2017. Fonctionnant 12 heures par jour, cette station traite un volume de 40 mètres cubes de lixiviat par jour, alors que le CET de Hassi Bounif génère, à lui seul, jusqu’à 150 m3, posant ainsi un problème de sous-dimensionnement, souligne la même responsable.


Le passage au fonctionnement en H24 est prévu pour la fin du mois d’août en cours, avec une capacité maximale de traitement estimée à 80 m3 par jour, dit-elle. Satisfaite de la mise en service de cette station qui fonctionne en osmose inverse après plus de trois ans, Mme Chellal n’a pas caché ses appréhensions par rapport aux inconvénients de cette technologie «fragile et coûteuse» qui génère des concentrats dans les moyens de traitement, toujours pas disponibles en Algérie. Pour le traitement des 150 m3 générés au niveau du CET de Hassi Bounif, sans compter les quantités produites au niveau des CET d’Arzew et d'El Ançor (moins importantes), il va falloir acquérir deux autres stations, préconise la gestionnaire des CET Oran, ajoutant qu’il serait judicieux de recourir à d’autres technologies que l’osmose inverse.


«Cette technologie, qui a donné de bons résultats en ce qui concerne le dessalement de l’eau de mer, n’est pas forcément la plus appropriée pour le traitement du lixiviat», soutient-elle, précisant que le coût des réactifs seuls s’élève à 5 millions de dinars par an. «Aucune solution n’existe en outre pour le traitement des concentrats (les boues qui résultent du traitement du lixiviat avec l’osmose inverse), qui sont remises pour le moment dans les casiers du CET», ajoute-t-elle, estimant qu’il est temps d’impliquer les universitaires pour trouver des solutions à des problèmes comme celui du lixiviat au lieu d’importer des solutions clés en main, qui n’apportent parfois pas les résultats attendus.

Le lixiviat, communément appelé «jus de poubelle», résulte de la percolation des eaux de pluie à travers des amas de déchets (dans les casiers des CET). Souvent chargés en toxines et métaux lourds, les lixiviats sont considérés comme déchets polluants pouvant contaminer le sol et les nappes phréatiques, d’où la nécessité de les traiter. (APS)

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