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Nouara Algérie.com

ECOLOGIE ET ENVIRONNEMENT EN ALGERIE

WHEN WE WERE KINGS... (au temps de l'écologie algérienne perdue...)

 

Au sortir de son processus d'Indépendance, comme beaucoup de nations qui se sont libérées du joug colonial occidental , la société algérienne avait, sans s'en rendre compte, un siècle d'avance sur les pays dits développés en matière non pas tant  d'éco-citoyenneté,  mais surtout d'un modèle de vie collectif   à bien des égards éco-soutenable..

Le réemploi des objets usagers, la réparation systématique des outils et instruments endommagés, le recyclage, la volonté de l'auto-gestion, une agriculture et son corollaire un mode d'alimentation qui favorisait la qualité sur la quantité et surtout faisait la part belle à la localité, aux produits du terroirs, ainsi que  tant d'autres réalités et comportements sociaux étaient notre lot quotidien...

Beaucoup des habitats ruraux  étaient  encore conçus avec des matériaux naturels et leur ergonomie vernaculaire en faisait le plus souvent ce que nous appellerions à présent des "éco habitats".

Certes, à cette époque, tout cela était considéré, non pas seulement pas nos pairs, mais par le reste du monde dit "développé, comme des signes extérieurs d'archaïsme, de paupérisme et on qualifiait des sociétés ainsi que des économies comme la nôtre de "Tiers Monde".

Nous aurions pu pourtant prendre alors conscience que cette façon de concevoir le développement national aurait pu ou du être la base la plus révolutionnaire de notre non alignement, avec non pas seulement l'Occident, ni même le Capitalisme, mais avec la société technicienne moderne celle qui a fait de la passion de l'efficacité sans passion pour l'Humanité le fondement de sa barbarie invisible sur des quotidiens inhumains où justement la richesse ne peut être qu'un signe extérieur. Chose au passage que nous n'avons fait que singer sans succès, car elle a surtout été un instrument de pouvoir obscur , plus que de bonne volonté...

Au lieu de cela nous avons préféré nous imaginer, fantasmer, ou tout simplement croire en un futur où, pourtant, largement inspiré des particularités d'une nature algérienne en perpétuel mouvement circulaire , la sobriété, un trait fondamental de notre culture vernaculaire, ne saurait  plus être une source heureuse de développement humain. Nous l'avons synonymisée en pauvreté organique, en sous-développement famélique, sans jamais chercher  à en éradiquer les effets négatifs tout en perpétuant les valeurs positives.

Et voici qu'en 2018, en matière d'écologie qu'elle soit scientifique, sociale, politique oui métaphysique, nous avons plus de 60 ans de retard sur les pays hyper-industrialisés dont nous avons essayé de rattraper la course folle comme on prend un train de la mort en marche en croyant embarquer à bord de l'Orient Express.

Les mêmes qui auraient du au contraire s'inspirer de nos "sous développements" sont ceux qui crient aujourd’hui à  la décroissance, à la non croissance ou à l'économie verte et se permettent de nous faire de belles leçons d'économie circulaire, un peu à la façon et donc avec  la conviction d'un ex-toxicomane à peine sortie de cure de désintoxication  qui viendrait plaider devant une assemblée de drogués contre la consommation de stupéfiants...

Nous avons un tel retard, parce que nous en sommes encore à réduire cette écologie à des comparaisons avec l'Occident, et surtout à réduire aussi le débat écologique algérien au constat des symptômes et à chercher à les guérir avec les agents de la pathologie...

Parce que nous la limitons à un hygiènisme totalement ignorant de la dimension holistique, systémique, environnementale au sens le plus vaste du terme de la pollution matérielle et immatérielle qui a contaminé non pas seulement nos milieux de vies, mais notre environnement mental, social, et donc politique...

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