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Nouara Algérie.com

ECOLOGIE ET ENVIRONNEMENT EN ALGERIE (Une revue de web de plus de 4500 articles )

Comment les particules de pneus polluent l'océan

Résultat de recherche d'images pour "micro particules de pneu ocean"

Environnement. Lorsque l'on conduit, nos pneus s'usent et de petites particules se détachent. Ce serait l'une des premières sources de pollution aux microplastiques en Europe.

Les microplastiques sont des particules de plastique dont le diamètre est inférieur à 5 mm. C'est une source de pollution majeure sur terre, dans l'air et dans les océans - où ils peuvent entrer dans la chaîne alimentaire, une fois consommés par le zooplancton. Plusieurs études récentes ont montré que des microplastiques ont été trouvés dans du sel marin en provenance des États-Unis, d'Europe et de Chine.

D'après une estimation de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), environ un tiers des minuscules particules proviennent de l'abrasion des pneus. Les pneus sont faits de polymères synthétiques, mélangés à du caoutchouc qui se broie lorsqu'il est utilisé. Les particules qui se détachent sont ensuite évacuées dans le réseau d'égout par l'eau de pluie.

À l'université technique de Berlin, Daniel Venghaus et son équipe analysent de près ces particules. Pour leur étude, ils balaient régulièrement certaines routes de la ville à quinze endroits bien définis : virages, ronds points, pentes, feux tricolores, arrêts de bus, ligne droite, autoroute et piste d'aéroport, pour les abrasions issues des pneus d'avion.

À des endroits stratégiques

Ils prévoient aussi de mettre des corbeilles pour récolter des échantillons dans les bouches d'égout à des endroits stratégiques - avec plusieurs tamis très fins.

« On parle beaucoup des microplastiques, mais on ne sait pas beaucoup de choses à leur sujet, explique Daniel Venghaus. Pour comprendre comment ils se retrouvent dans l'environnement, il faut savoir quelles sont les particules dont on parle et à quel moment elles se détachent du pneu. »

L'équipe de scientifiques est persuadée que la manière de conduire a un impact sur la production de microplastique. Leur hypothèse : dans les virages et au moment de freiner, la quantité de plastique déposée sur la route est plus importante.

Les résultats seront publiés dans un an et demi. Les chercheurs berlinois proposeront, parallèlement, un catalogue de mesures à adopter pour réduire ce type de pollution. « Par exemple, quand on saura quel type de particules on retrouve près des feux tricolores, on pourra mettre des filtres adaptés dans les bouches d'égout stratégiques, propose Daniel Venghaus. Si l'on connaît l'effet des grosses pluies pour l'évacuation de la saleté sur la route, on pourrait nettoyer les revêtements avant l'averse, pour déjà éliminer une partie du plastique. Une autre solution serait d'optimiser les feux tricolores, pour que les conducteurs aient moins à freiner. »

Dans son étude sur les microplastiques, l'UICN préconise aussi un changement de conception des routes pour réduire l'abrasion, ainsi qu'un travail sur la composition chimique du pneu, pour les rendre plus écologiques. Sans pour autant renoncer au plastique.

Selon le constructeur Michelin, les caoutchoucs synthétiques, fabriqués à partir d'hydrocarbures d'origine pétrolière, sont « particulièrement utilisés dans les bandes de roulement des pneus (la partie en contact avec le sol, Ndlr) de voiture et de moto, pour les bonnes propriétés d'adhérence qu'il permet d'obtenir ».

 

«Pour autant que je sache, rien ne remplace les propriétés uniques du caoutchouc,assure Daniel Venghaus. L'innovation est une solution possible, mais même avec des innovations révolutionnaires, il faudrait des années avant qu'elles ne se répandent sur le marché. »

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