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Nouara Algérie.com

ECOLOGIE ET ENVIRONNEMENT EN ALGERIE (Une revue de web de plus de 4500 articles )

SORBRIETE CREATRICE CONTRE DEVOREMENT DURABLE...

 

La première question que nous devrions nous poser à propos de l'état actuel de notre agriculture et de ses capacités à rendre notre pays vraiment autonome, est-elle avant tout  de savoir si nous avons les moyens techniques ou non de la rendre plus productive?

Ne doit-on pas en premier lieu, et donc avec une approche vraiment radicale, se poser une question plus essentielle:

Est-ce que le régime alimentaire actuel des Algériens, et donc également les logiques de l'industrie agro-alimentaire algérienne, permettent d'envisager sereinnement  cette souveraineté alimentaire que tout le monde invoque comme un Graal nécessaire? 

C'est à dire  quelqu'en soit le prix  sanitaire et écologique  à payer pour l'atteindre ?

Il faut entendre par cette interrogation l'exigence d'une affirmation fondatrice d'une Algérie différente et donc meilleure :

L'efficacité doit être aussi du côté de la consommation afin qu'elle concerne sincèrement le secteur de la production...

Les Algériens contemporains sont-ils prêts à changer littéralement de paradigme alimentaire, et, ainsi remettre la qualité au premier plan de leur choix de consommation?

Là est la question la plus viscérale !

L'illusion d'une abondance payée au prix fort d'une atteinte plus que préoccupante à la santé ainsi que l'environnement nationaux doit-elle continuer à faire reculer l'échéance d'un inévitable mais aussi salvateur retour à la raison?

Ainsi, au nom de la quantité garantie, nous fermons les yeux sur les pratiques douteuses de nos agriculteurs, celle des gens qui les fournissent et donc les orientent vers ces pratiques, celles des intermédiaires qui vampirisent leurs bénéfices, celles des politques qui rendent leurs quotidiens sans convivialité, ni qualité de vie....

Ne sommes nous les premiers complices d'une impasse systémique?

A vrai dire, ce choix de la qualité, devrait concerner toute notre politique sociale, économique, et donc notre politique dans sa mesure la plus générale.

Si nous continuons à penser que la sécurité est le fruit de la seule la quantité sans la moindre qualité...

Nous nous entêtons ainsi à ne plus reconnaitre que la pérennité se construit, elle,  avec un réel projet de qualité de vie réelle. Où la quantité est soumise à des seuils ainsi que des régulations qualitatives aussi bien physiques, éthiques que politiques...

Au lieu de cela, dès l'assiette nous cautionnons et encourageons sans la moindre équivoque, le développement d'un principe politique foncièrement malsain :

Celui de la faim sans fins (ni limite, ni objectif). Une logique  qui anime  tous les magnats de la quantité qui se sont érigés chez nous en élites gouvernantes;  grâce justement  et avant tout à leurs victoires incessantes sur la qualité algérienne, où qu'elle s'obstine encore à leur résister...

 

Karim Tedjani

 
 
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