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Nouara Algérie

ECOLOGIE ET ENVIRONNEMENT EN ALGERIE (Une revue de web de plus de 4500 articles )

La ville croule sous des montagnes d'ordures

Il suffit de se rendre aux cités Matnatalat, In Kouf, Tafsit, Tabarkat, Al-Djazira ou encore à Tahaggart pour se rendre compte de la gravité de la situation et de la complexité de ce phénomène qui a pris des proportions alarmantes.

L’amoindrissement des moyens alloués à la gestion des déchets ménagers et l’insuffisance de mécanismes efficaces à leur élimination dégradent progressivement l’image de la ville de Tamanrasset.

Il suffit de se rendre aux cités Matnatalat, In Kouf, Tafsit, Tabarkat, Al-Djazira ou encore à Tahaggart pour se rendre compte de la gravité de la situation et de la complexité de ce phénomène qui a pris des proportions alarmantes, eu égard aux énormes quantités d’immondices qui envahissent l’environnement urbain d’une capitale saharienne réduite en “ville poubelle”.

Partout dans les rues, d’énormes tas de déchets se répandent sur les trottoirs, laissant leurs miasmes pestilentiels s’accrocher aux semelles des passants, particulièrement à celles des enfants qui évoluent dans une insalubrité ambiante.

Mohammed Azzi, gérant d’une entreprise de collecte et de traitement des déchets à Tamanrasset, évoque d’emblée une “alerte hygiénique” qui risque d’avoir des conséquences fâcheuses sur la santé publique en cette période de crise sanitaire. Selon lui, ce problème dure depuis des mois à cause des difficultés financières dans lesquelles se débattent les entreprises de ramassage d’ordures.

À cela s’ajoutent le manque de moyens matériels et la vétusté des équipements de l’APC, précise notre interlocuteur, en dénonçant au passage l’incivisme des habitants qui jettent leurs déchets à tout-va et sans parfois respecter l’horaire et les endroits dédiés aux décharges publiques.

Les exemples ne manquent pas pour confirmer cet état de fait. L’image des montagnes d’ordures macérées sous un soleil de plomb est devenue un spectacle tellement courant que l’on a fini par s’en accommoder, notamment dans les quartiers huppés où le risque de prolifération de maladies infectieuses se fait de plus en plus ressentir.

Les responsables de l’EPGCET (Établissement public de la gestion des centres d’enfouissement technique) de la wilaya s’en lavent les mains en renvoyant la balle à la wilaya, qui aura pris des engagements jamais honorés avec une vingtaine d’entreprises de collecte, créées dans le cadre du dispositif d’emploi des jeunes.

Les créances cumulées auprès des établissements publics empêchent ainsi ces entreprises de continuer leur activité. Plus explicite, une source auprès de l’EPGCET affirme que les autorités locales n’arrivent pas à mobiliser les ressources nécessaires pour assurer la gestion des tonnes de déchets produits quotidiennement. Leur priorité première étant l’élimination des déchets hors de vue, les autorités compétentes choisissent souvent des méthodes simplistes et faciles caractérisées par “l’indifférence et le laisser-aller”, dénonce notre source. Face à l’ampleur du phénomène, Mohamed Salah Benhaoued, habitant de la cité Tahaggart, insiste sur l’urgence d’adopter des solutions viables en se basant sur des approches pratiques et des expériences modèles dans ce secteur d’activité. 


Ce faisant, il a mis en exergue l’importance d’impliquer les acteurs de la société civile pour se lancer dans la sensibilisation et a invité les autorités locales à honorer leurs engagements financiers vis-à-vis des entreprises de collecte afin d’en finir avec les monticules d’immondices qui enlaidissent gravement la sinistre capitale du tourisme saharien. “Certes, Tamanrasset est régulièrement touchée par ce phénomène, à l’instar de plusieurs wilayas, mais ces derniers mois la situation a atteint un tel niveau que la ville risque une véritable crise sanitaire”, a-t-il averti. 

RABAH KARÈCHE

 
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