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Nouara Algérie.com

ECOLOGIE ET ENVIRONNEMENT EN ALGERIE (Une revue de web de plus de 4500 articles )

Transition énergétique : Transformer la quantité de Watt en qualité de Vie

Transition énergétique :  Transformer la quantité de Watt en qualité de Vie

Quand le Ministre de la transition énergétique dit que chaque  foyer algérien consomme l'équivalent d'une tonne de pétrole par an, il omet de préciser que ce chiffre annoncé dans la presse  est largement en deçà de la moyenne mondiale, qui plus est par habitant, et, surtout à des années lumières des scores affichés par les pays les plus développés.

Cette dernière  se situe actuellement autour de deux  T.E.P (tonnes équivalent pétrole par habitant et par an), sachant que les Etats Unis accusent une consommation d'environ 6 T.E.P par habitant par an.

Pourtant, malgré tout ce déploiement garguantesque d'énergie, l'espérance de vie d'un(e) Américain(e) est en moyenne celle d'un pays en développement, avec un classement mondial en dessous de la barre de la 50ème place...

On doit donc regarder à la fois la quantité d'énergie consommée, mais encore plus la quantité de qualité de vie produite par une économie;  la santé et la qualité de l'environnement physique et culturel sont à ce propos des indices très importants et encore plus révélateurs.

La qualité de vie n'est pas forcement corollaire à la quantité de confort industriel, bien qu'il serait tout à fait malhonnête intellectuellement de ne pas reconnaitre certains  bienfaits et apports indiscutable du développement.

Mais reste  à soulever la question tout  aussi pertinente  du seuil, qui sépare justement le modernisme, ou culture de l'excès de confort, et la modernité.  Elle ne saurait être un concept figé dans le temps et il parait évident que la notion de confort est elle aussi entrée dans une phase de transition, pour ne pas dire de péricliter du paradigme du  " des joies du toujours plus" vers celui  " des bienfaits d'un bonheur durable"  

Concernant l'Algérie, par exemple, la modernité, en matière de discours et de gouvernance  politique, serait de ne pas systématiquement placer le citoyen comme principal acteur du dévorement durable de l'économie et des ressources naturelles de l'Algérie.

En matière d'énergie, il faudrait  veiller à ne pas oublier de parler de la part importante que jouent  les infrastructures de l'appareil d'Etat, les processus de production d'énergie, la consommation des locaux  et entreprises publiques, le fait que 90% du transport en Algérie est réalisé par voie de camion,  de très mauvaises pratique de construction, mais aussi le recours systématique à des infrastructures telles que, par exemple, les stations de dessalement de l'eau de mer, dont  il sembleraient que certaines tournent "dans le vide", produisent beaucoup plus d'eau que nécessaire. 

La nature du climat, les  effets des changements qui s'opèrent en son sein  sont de plus largement corollaires avec  de bonnes ou mauvaises décisions politiques pour en atténuer les effets qui auront forcement un impact sur la consommation d'énergie locale et nationale , comme c'est le cas pour l'Islande, qui produit cependant de une électricité cent pour cent renouvelable,  mais dont   la neutralité environnementale  reste  discutable.

Tout cela est bien entendu évoqué dans le discours du Ministre chargé d'orchestrer cette transition, mais toutes ces réalités devraient apparaitre comme le cœur opérationnel d'une logique de changement effectif et non pas le poumon d'une théorie ou d'une rhétorique politiques.

La modernité énergétique, en Algérie, serait également de considérer que  l'évolution de notre intensité énergétique, et donc la quantité d'énergie que nous mobilisons pour produire un dollar de valeur ajoutée n'est pas du tout sur la voie d'un pays en voie de réelle transition énergétique.

En effet, la  tendance à ce propos  dans la plupart des pays dits développés ou en développement est à la nette et constante baisse;  tandis que pour l'Algérie, elle reste stationnaire après une hausse non négligeable.

Ce qui veut que l'on ne doit pas juste se contenter de mettre en avant la notion d'économie d'énergie , mais encore plus d'efficacité énergétique et si l'on parle de notre pays, si on pouvait déjà avec la même dépense d'énergie produire deux à trois fois plus de santé, d'éducation, de sécurité, de liberté et de respect de l'environnement.

Alors,  un pas décisif aura été franchi pour opérer cette fameuse transition énergétique, qui n'est absolument  pas un processus en tout point calibré pour l'universalisme, ni encore une formule incantatoire. Chaque pays doit absolument déterminer son propre modèle, en fonction de critères et  de considérations  tout aussi locales que globales.

Non qu'il faille se dédouaner de tout effort de sobriété énergétique! Bien au contraire, le champ et la récolte d'une telle culture est bien entendu considérable. Mais, à vrai-dire, l'une ne peut aller sans l'autre, la quantité et la qualité.

Si nos dirigeants ainsi que nos entrepreneurs apprenaient à produire mieux et donc plus avec moins, alors les consommateurs comprendront  eux aussi, mieux l'intérêt d'un tel changement de paradigme énergétique.

 Et, si j'osais, je dirais que beaucoup d'énergie négative serait transformée en forces vives, positives , qu'ainsi la population  algérienne retrouverait sûrement bien d'autres voies et comportements que le gaspillage pour concevoir et réaliser leur confort de vie, tant individuel, que collectif social politique, environnemental...

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