ECOLOGIE ET ENVIRONNEMENT EN ALGERIE (Une revue de web de plus de 4500 articles )
5 Août 2015
La nature et l’homme inventés
Il faut redonner ses lettres de noblesse à l’ «homme-nature » qui sommeille paisiblement en chacun d’entre nous. Car c’est ce qui doit renaitre des cendres de ce monde en fin de course folle ; et non le cyborg que l’on nous vend comme le chaînon manquant à notre prochaine évolution. Sauvage non au sens négatif, mais plutôt d’un être humain plus authentique ; en parfaite symbiose avec l’environnement qu’il environne également. Oublier cet être urbain, soit disant « libéré » de la nature par la société du progrès, puis réellement domestiqués par la société de consommation. N’a-t-il pas été rendu à présent être domestique, pris dans la toile de mensonges de la société dite « de l’information » ?
Chacune de ces transmutations progressives de nos proches ancêtres n’a fait que nous éloigner aujourd’hui de ce que beaucoup d’entre nous considérons de plus humain chez notre espèce. Les « transmachins » que nous sommes en train de devenir sont des « anthrobots », incapables de vivre bien longtemps sans perfusion mécanique au confort moderne ; accrochés à un système consumériste comme le fœtus par un cordon à la fois ombilical et cérébral est relié à sa mère. D’éternels nouveaux nés, condamnés à une existence de mort vivants. Une humanité adolescente, qui brûle sa vitalité par les deux bouts de la chandelle ; le temps et l’espace n’ont jamais été si peu distants qu’à notre époque...
Dans notre subconscient collectif « l’homme» historique est supposé être, de nature, dissociable de la nature. C’est que, contrairement à « elle », qui agit d’instinct, « nous » pensons. Cette réalité physique et métaphysique rendrait œuvre de Sisyphe toute symbiose entre la nature sauvage et notre monde d’âme et d’esprit. Sans jamais comprendre que celui qui porte son fardeau comme une seconde nature, ne s’en libérera jamais...
Protéger, c’est dominer
Beaucoup se disent que nous devons vaincre la nature à son propre jeu. Souvent, pour justifier les écarts flagrants de quelques individualités influentes, aux règles les plus fondamentales de la morale, de l’éthique, parfois même de la raison. A en croire la rumeur de ce monde, notre existence même est une dissidence avec un milieu dont notre espèce a longtemps été tributaire. Cette humanité-là a longtemps tergiversé avant de reconnaitre une âme ainsi que la liberté à des êtres humains coupables de ne pas être civilisés selon ses critères. Elle a aussi fait de l’écologie une science parfois instrument de colonisation.
Dans la psyché de cet homme moderne, la science le rend capable non plus seulement de régner sur Terre, mais bien de gouverner sur l’ensemble de la nature qui évolue sur « notre » planète. L’humanité en question a les moyens technologiques de détruire toute la nature actuelle qui pourrait la déranger dans sa quête suprême et absolue de croissance continue. Elle prétend même disposer tout autant du pouvoir de se créer une nature plus ergonomique à ses nouveaux comportements. Il ne faudrait pas nous inquiéter, « tout est sous contrôle » selon ces fanatiques de la biochimie et de la restauration écologique, qu’ils nous vantent trop souvent comme des solutions magiques face à tous les égarements écologiques de l’industrie de masse. « Le mode de vie américain n’est pas négociable » dans le cœur de ces mollahs de la révolution verte dollar. Ce sera peut-être à la nature de s’adapter à « nous » et nous plus jamais le contraire...
Chacun, ma foi, est libre de croire aux inepties qui le rendent heureux ; à la condition non négociable de ne pas considérer comme divergences insupportables ce qui échappe tout bonnement à leur raison....
Le culte de la Vierge nature...
D’autres, me font parfois penser à des adeptes de cette même religion verte, mais qui auraient simplement revêtue la robe au lieu de l’armure. Pour eux, la nature est une déesse immaculée que l’homme ne peut que souiller par sa présence « contre naturelle ». Dans l’esprit de ces gens, il faut surtout la protéger, la conserver ; encore plus la préserver de tout contact récurent avec notre espèce ; l’homme est un être nuisible et la nature une entité parfaite.
Comme si, au fond, depuis la Faute, notre espèce était congénitalement condamnée à l’exil du Jardin d’Eden. Le Paradis perdu, que l’on ne pourra retrouver qu’à travers la pénitence et la conscience de sa culpabilité. Dans la cosmogonie de l’écologisme, né des villes modernes et des colonies passées du monde occidental, on divise religieusement l’humanité et la nature, comme jadis le ciel et la terre...
"Homme-nature..." Ou, les temps de la symbiose... (3/3) - Nouara Algérie (Environnement et Ecologie)
La fourmi est humaine Pourtant, j'oserais opposer à tout ce qui voudrait me désolidariser de la nature, cette modeste réflexion ; non à fin de sentence, mais vraiment avec la sincère intention...