UNION INTERNATIONALE POUR LA CONSERVATION DE LA NATURE
Communiqué de presse
Le changement climatique risque d’avoir de graves répercussions sur les habitats de la faune et la flore de la Méditerranée, mais son impact variera en fonction des régions méditerranéennes et des aires marines protégées (AMPs) de chaque région.
L’UICN publie un guide qui analyse les menaces et effets du changement climatique sur la biodiversité marine méditerranéenne et propose aux gestionnaires des AMPs des outils pour suivre et atténuer ces évolutions.
Malaga, Espagne, 24 juillet 2013 (Centre de Coopération pour la Méditerranée de l’UICN) –
Si les conséquences du changement climatique au niveau global ont été le sujet de nombreuses recherches, leur ampleur et leurs modalités en Méditerranée restent encore vagues. En s’appuyant sur les études existantes, cette nouvelle publication de l’UICN résume de façon claire et synthétique les principaux effets du changement climatique sur la biodiversité marine méditerranéenne observés à ce jour. Elle souligne également les nombreuses incertitudes qui subsistent aujourd’hui en matière de compréhension des réactions écologiques face au changement climatique.
L’objectif de ce guide est de fournir des orientations aux gestionnaires des AMPs concernant la manière de mesurer l’impact du changement climatique sur la biodiversité marine des AMPs et d’atténuer les impacts à venir grâce à une meilleure planification. Les gestionnaires auront la possibilité de choisir, parmi les différents plans de suivi et indicateurs présentés, ceux qui sont les plus adaptés à leur situation particulière et à leurs objectifs de gestion.
Le guide identifie plusieurs effets du changement climatique sur la Méditerranée, telles que le réchauffement de la mer, la modification de sa salinité et de sa circulation et l’élévation du niveau de la mer. Les données existantes indiquent que les eaux peu profondes de la Méditerranée se sont déjà réchauffées de près de 1 °C depuis les années 1980. Les impacts observés ou potentiels de ces évolutions sur la biodiversité marine sont expliqués dans la publication.
Des études ont montré que la répartition des espèces autochtones se modifie car certaines espèces, préférant les eaux chaudes, colonisent des zones d’où elles étaient jadis absentes. Ainsi, la densité de population de la girelle paon Thalassoma pavo a été multipliée par dix en moins de 5 ans après son arrivée dans la Réserve marine de Scandola (nord-ouest de la Corse). Le réchauffement de la mer provoque aussi la mortalité à grande échelle de certaines communautés macrobenthiques (coraux, gorgones, éponges), en particulier au Nord-Ouest de la Méditerranée, et favorise la prolifération de certains organismes opportunistes, comme les méduses P. noctiluca. Quant à l’acidification accrue de la mer, elle peut potentiellement affecter les niveaux de croissance, de reproduction et d’activité des espèces marines.
« Les AMP jouent un rôle particulièrement important dans l’analyse des répercussions biologiques du changement climatique. En effet, étant davantage à l’abri des impacts anthropiques que les autres zones, elles peuvent servir de « sites sentinelles » où les effets du changement climatique sont étudiés et où des stratégies de gestion sont élaborées pour s’adapter aux effets négatifs et, si possible, les contrer » explique Maria del Mar Otero, responsable de projet du Programme Marin du Centre de Coopération pour la Méditerranée de l’UICN et coordinatrice de la publication.
En s’appuyant sur l’expérience de quelques AMPs choisies, le guide présente plusieurs études de cas reflétant chacune un enjeu de l’impact du changement climatique sur la biodiversité marine: la vulnérabilité de la nidification des tortues marines face à l’élévation du niveau de la mer, la résilience du corail méditerranéen Cladocora caespitosa ou encore le suivi des changements de répartition des espèces en Méditerranée. Différentes problématiques et méthodes de suivi potentielles sont détaillées, accompagnées de stratégies d’adaptation pour protéger la biodiversité locale.
Ce guide a été préparé par l’UICN-Med en collaboration avec le Centre d’Activités Régionales pour les Aires Spécialement Protégées (CAR/ASP), dans le cadre du projet MedPAN Nord financé par le Fonds européen de développement régional, l’Agence espagnole pour la coopération internationale au développement (AECID) et le programme biennal du CAR/ASP financé par le Fonds d’affectation spéciale pour la Méditerranée de la Convention de Barcelone.
Le rapport complet peut être téléchargé à partir des liens suivants :
Note de l’éditeur:
À propos de l'UICN et le Centre de Coopération pour la Méditerranée L'UICN, Union Internationale pour la Conservation de la Nature, aide à trouver des solutions pragmatiques pour les principaux défits environnementaux et de développement auxquels fait face la planète. L'UICN est la plus ancienne et la plus importante organisation environnementale au monde, avec plus de 1200 membres, organisations gouvernementales et non gouvernementales, et près de 11.000 experts bénévoles dans quelque 160 pays. Le Centre de Coopération pour la Méditerranée de l'UICN a ouvert en 2001 avec le soutien du Ministère de l'Environnement espagnol, de La Junta de Andalucia et de l'Agence Espagnole de Coopération Internationale pour le Développement (AECID). Au cours de ses 12 années d'existence, la mission du Centre a été d' influencer, encourager et aider les sociétés méditerranéennes pour assurer la conservation et l'utilisation durable des ressources naturelles ainsi qu'un développement durable dans la région méditerranéenne.www.iucn.org/mediterranean. www.iucn.org/mediterranean.
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