Ce retour de l’Algérie sur le marché mondial, en tant qu’exportateur cette fois, provoque paradoxalement une série d’inquiétudes.
La première a trait au prix de vente de l’orge, le marché boursier des céréales connaissant d’importantes fluctuations.
A l’heure actuelle, les prix de l’orge varieraient entre 135 et 145 $ ( soit 109,4 à 117,4) la tonne, en fonction de la qualité et de l’origine du produit.
Même si le produit algérien est de qualité et proche des marchés, européens notamment, il serait vendu en dessous de son prix.
L’OAIC a en effet annoncé que les 8 millions de quintaux d’orge à exporter serait échangés pour un montant de 15 M $ soit 12,2 M€.
Un autre motif d’inquiétude pour les céréaliculteurs et les responsables de l’agriculture réside dans les faibles capacités de stockage du pays.
Alors que la production de la moisson de 2009 n’a pas encore été écoulée et que les silos sont toujours pleins, on annonce une production record pour cette année.
Un prêt de 33 mds DZD soit 360 M€ ( a certes été accordé le 13 mai 2010 à l’OAIC par la
Banque de l’agriculture et du développement rural (BADR) afin de réaliser de nouvelles structures de stockage de céréales.
D’une durée de 30 ans, ce prêt a été conclut avec un taux d’intérêt bonifié de 1%.
Il y a toutefois peu de chance que les nouvelles structures de stockages projetées soient réalisées à temps, c’est-à-dire avant la fin de la moisson qui débute dans quelques jours.
L’autosuffisance en blé dur et en orge et le nouveau statut d’exportateur sur le marché mondial sont trop récents pour que l’Algérie puisse gérer sans encombre une filière céréalière désormais excédentaire.
Il faudra donc certainement encore un peu de temps pour que les structures de stockages et la capacité d’exportation s’améliorent.