Il est 19h passées, les derniers arrivants peinent à trouver une place tant la salle est remplie. Soudain, de brefs applaudissements. Les intervenants de la soirée prennent place. Ronan Dantec, adjoint à la ville de Nantes chargé de l’environnement, pour lequel le mandat est reconduit pour 6 ans, félicite tout d’abord les nantais pour leur attachement à l’écologie et remercie ceux qui sont présents. « Nantes, avec Angers, est l’épicentre de la botanique en France » déclare-t-il, soutenu de Jean-Marie Pelt. Une façon d’introduire le sujet en douceur.
Jean-Marie Pelt est le fondateur de l’Institut européen de l’écologie, qu’il préside, mais il est aussi le président de la Fondation européenne pour l’Homme et la Vie et ambassadeur européen pour l’Ecologie. Pharmacien, botaniste et auteur de plus d’une quarantaine de livres, il s’est fermement engagé pour sauver notre planète, et l’homme avec elle. Il commence par nous conter son enfance, dans la campagne, à « jouer, se baigner dans la rivière et escalader aux arbres ». Auprès d’un grand-père jardinier, qui lui a appris l’amour de la nature. Rupture avec le monde d’aujourd’hui, avec ces « jeunes technologisés, machinisés, musicalisés,… ». Son souhait le plus cher : « Faire de la Terre un jardin ».
Nous sommes la 1ère génération capable de tout détruire
Il alerte depuis longtemps les pouvoirs publics quant aux impacts de certains produits sur l’environnement. Mais si il est là aujourd’hui, c’est pour faire comprendre aux particuliers qu’ils sont peut-être responsables, eux aussi, de la dégradation de la biodiversité. Par méconnaissance de l’éco-jardinage. L’utilisation de produits phytosanitaires dans les jardins privés dégrade la qualité de l’eau, des sols et nuit aux espèces vivantes. Il a même été prouvé qu’il existait une corrélation entre l’ingérence de ces produits (via les légumes cultivés, l’eau, etc.) et la stérilité de certains hommes. A long terme, on a même pu observer sur des animaux vivants dans des zones "contaminées" une absence de reproduction totale. C’est pourquoi il est important d’informer, de mobiliser et d’éduquer la population pour qu’elle puisse cultiver la terre tout en la respectant. « C’est tout du bonheur. Gagnant-gagnant » affirme-t-il. Mais il y a urgence : « Nous sommes la 1ère génération capable de tout détruire ».